MAX-POL FOUCHET OU LE PASSEUR DE RÊVES



MAX-POL FOUCHET OU LE PASSEUR DE RÊVES

     
   Livre-hommage réalisé à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de Max-Pol Fouchet à Vézelay où il « jetait l’ancre » pour s’adonner plus pleinement à l’écriture de son œuvre (1913-1980). Comprenant 40 photographies en noir et blanc prises par le grand voyageur en Inde, Egypte, Cameroun, Tchad, Mexique, Guatemala, Bolivie, Pérou, Portugal, Pologne, France…, le livre donne à voir des visages, des rivages et des paysages saisis par l’œil exercé du "poète” tout en permettant de « goûter » quelques-uns de ses textes, inédits ou méconnus.

     Chaque photographie a inspiré une réflexion offerte pour la circonstance par ses amis, la plupart écrivains ou artistes de renom. Les participants ont été invités à laisser vagabonder souvenirs et émotions par l’Atelier Imaginaire, maître d’œuvre du projet, en concertation avec Marianne Fouchet, fille unique de l’écrivain, et l’association « Les amis de Max-Pol Fouchet ».

     Conçu, agencé et préfacé par Guy Rouquet, président de l’Atelier Imaginaire et fondateur du prix de poésie Max-Pol Fouchet, le livre est agrémenté de quelques portraits de l’artiste réalisés par Jean-Pol Stercq, photographe.


Le Bureau de Vézelay
   

 Les contributions originales sont de :
 Olympia Alberti - José Artur - Marie-Claire Bancquart Yves Berger -  Jean Bertho - Rachid Boudjedra - Jacques Brachet - André Brincourt  Eric Brogniet - Jacques Chancel Edmond Charlot - Andrée Chedid -  Georges-Emmanuel Clancier - Pierre Dumayet - Julien Gracq -  Marcel Jullian Ladislas Kijno - Jean Lacouture - Charles Le Quintrec  Hubert Nyssen - René de Obaldia - Jean Orizet - André Parinaud -  Patrick Poivre d’Arvor - Jean Roire - Guy Rouquet - Jules Roy -  Claude Santelli - Henri Zerdoun.



Le discours de Max-Pol Fouchet



"Après avoir couru le monde pour s’assurer de la réalité et vérifier ses rêves à la façon de Nerval, après avoir lu tous les livres comme les buveurs illustres chers à Rabelais afin de les révéler au plus grand nombre, Max-Pol Fouchet avait choisi de se retirer à Vézelay. Son prestige était immense. La radio (Le Journal musical d’un écrivain…), mais davantage encore la télévision (Le Fil de la vie, Lectures pour tous, Terre des arts, Les Impressionnistes…) lui avaient conféré une aura extraordinaire. Rien de ce qui est humain ne lui était étranger.

En août 1980, l’homme de Fontaine et de toutes les rencontres était un voyageur à l’ancre quand, venant du plus profond de la ligne de nuit, le mascaret qu’il aimait tant vint le chercher pour l’entraîner sur cet autre versant qu’il ne craignait pas. Car de la mort il s’était fait une amie, la considérant comme le « piment » même de la vie.

« Marié à la poésie », « amant de Liberté », « agnostique mystique », ce travailleur infatigable voulait être fort pour les autres. Centre et mesure de toutes choses, l’homme le fascinait, qu’il s’employa à rejoindre parmi les peuples nus comme le long des rives du Gange, dans la vallée du Nil comme sur les hauts plateaux andins ou mexicains. Le professeur d’enthousiasme qu’il était n’eut de cesse d’éclairer de son sourire le cœur de ses semblables, l’incitant à résister contre la médiocrité et la tyrannie, l’invitant à traverser les apparences pour s’ouvrir à la vraie vie.

Ils sont nombreux à être redevables à Max-Pol Fouchet de cette seconde naissance, la seule qui compte vraiment dans la mesure où l’essentiel se révèle quand tombent les masques et que s’écroulent les décors. Car cet aventurier de l’esprit, qui avait pour patrie la langue française, était un éveilleur hors pair. En conduisant les autres vers le secret des œuvres et la connaissance véritable, l’humaniste n’avait qu’un souci : relier les hommes en établissant un « pont d’œuvres et d’images » entre les siècles, les peuples et les cultures. Parce que chacun est nécessaire à l’autre, il importe que, partout où nous nous trouvions, nous participions à la transmission d’un héritage sans cesse enrichi.

Ce livre s’inscrit dans le droit fil de cette certitude à la fois simple et admirable. Il se veut avant tout passage de témoin à l’aube d’un nouveau siècle qui est aussi celle d’un nouveau millénaire. Plus humblement, une génération est invitée à se mettre à l’écoute d’une autre pour passer une bonne partie de ses songes à la suivante. Des clés sont offertes, des chemins proposés, qui ouvrent sur les chemins buissonniers de la vie et de la création. Les grands rêveurs y trouveront des fontaines à la mesure de leur soif.”

Guy Rouquet

Commander "Max-Pol Fouchet ou le Passeur de rêves"
LE CASTOR ASTRAL
EN COLLABORATION AVEC L’ATELIER IMAGINAIRE
ET L’ASSOCIATION DES AMIS DE MAX-POL FOUCHET
 


 

MAX-POL FOUCHET, BOUCHE D’OR

par Charles DOBZYNSKI *



Il n’est pas fatal d’être Jean Chrysostome pour avoir une Bouche d’Or. Max-Pol Fouchet en fut gratifié par la bonne fée des ondes, non seulement parce qu’il était poète mais parce qu’il sut donner à sa parole en poésie un style qui lui permit de rayonner au-delà du livre et de captiver l’oreille volage et le regard zappeur. Max-Pol Fouchet fut l’orateur inventif – car il lui fallut inventer le modèle de cette oralité – de cette nouvelle religion en quoi très vite s’est muée la communication audiovisuelle. Pour sa part, déjouant le piège, il en fut l’athée, bien qu’il fût doué d’un exceptionnel charisme. Si son discours comportait nécessairement une pédagogie, il ne céda jamais à la tentation du chamanisme. S’il exerçait une sorte d’envoûtement, ce n’était nullement pour imposer ou accréditer des idées à recevoir, des idées toutes cuites, mais au contraire pour offrir à chacun – lui qui était si aveugle devant son auditoire – la possibilité de se faire soi-même une idée sur le sujet choisi, détaillé, approfondi et radiographié par le rayon X de la poésie. Grâce à Max-Pol Fouchet, Bouche d’Or et Œil d’Or de nos nouvelles perceptions, la poésie a conquis les médias en leur âge le plus disponible à ses prestiges, non point par ruse ou facilité démagogique, mais par le seul canal qui soit vraiment un PLUS: celui de l’intelligence et de la vérité considérée comme une quête permanente.

L’art inimitable du pilote

On a du mal à réaliser que plus de vingt ans se sont écoulés depuis le départ, en 1980, de cet inlassable navigateur de l’inexploré pour le plus long de ses voyages. Il suffit de sillonner de jour en jour la petite lucarne et de constater ce qui subsiste de ses anciennes ambitions, pour évaluer ce qui nous manque, non pas uniquement ses yeux, son sourire, son visage, l’empathie ou le charme qui en émanait, mais cet art inimitable du pilote qui nous guidait dans l’archipel des livres, des peintures, des sculptures, des civilisations disparues, et qui nous permettait d’en scruter les secrets et d’en aimer les figures et les symboles. Il est difficile de cerner tout ce dont nous sommes redevables à cet homme-orchestre, à ce poète polyphonique, mais tenter l’inventaire, c’est peut-être retrouver au moins quelques parcelles des enchantements que nous prodigua ce Merlin dans la Brocéliande des mots et des images. Honorer le poète? Le terme soulève des réticences. Il existe plusieurs voies d’approche d’un poète, la meilleure à mes yeux est celle qui exclut le pédantisme et les couronnes artificielles sous lesquelles on ensevelit un défunt qui ne prisait guère les rhétoriques officielles. Pour retrouver l’homme de l’image, de la parole et de l’écrit que fut Max-Pol Fouchet, il fallait revenir à ces sources-là, où seul demeure le secret de nos connivences avec l’élémentaire et l’essentiel. Rendre présence à ce poète doublement fantôme – car son image sur l’écran ne fut-elle pas forcément celle d’un double et le son de sa voix retransmise un autre dédoublement? – supposait une traversée des apparences et en premier lieu un partage des amitiés et des complicités. Une fois enracinées, les affinités électives résistent à l’érosion.

Un livre rendez-vous

Avec "Max-Pol Fouchet ou le Passeur de rêves", Guy Rouquet, son ordonnateur, a composé un livre hors-série, ni florilège ne simple herbier d’hommages. Un livre rendez-vous où Max-Pol Fouchet se multiplie par ses textes choisis – poèmes, essais ou articles – ses photos, qui ponctuent les chapitres et ses amis qui leur donnent substance très personnelle. Passeur de rêves: beau titre emblématique pour ce rendez-vous où se côtoient poètes, romanciers, peintres, éditeurs, cinéastes, ceux qui ont aimé Max-Pol Fouchet, l’esprit et l’écrit, et nous disent ici pourquoi. Ils sont une trentaine à former ce sommaire impressionnant, que je ne vais pas entièrement énumérer, mais qui comporte, outre le préfacier Guy Rouquet, Marie-Claire Bancquart, Yves Berger, Rachid Boudjedra, Jules Roy (un écrit de juste avant sa mort), Jacques Chancel (dont se trouve publiée la magnifique «radioscopie» du poète, datée de 1979), Edmond Charlot, l’éditeur algérois, compagnon de Fontaine, Andrée Chedid, G.E. Clancier, Julien Gracq, José Artur et Hubert Nyssen, etc. Bon, n’en ai trop dit. Mais ce qui compte est le principe original qui préside à ce rassemblement. Puisque le poète est celui qui inspire, selon Paul Eluard, Max-Pol Fouchet se devrait d’être ici l’inspirateur. Les textes s’agencent donc comme des miroirs, à partir des photographies prises par Max-Pol Fouchet ou qui le représentent, portraits en noir et blanc, à tel ou tel moment de parcours. L’idée est heureuse: Max-Pol Fouchet presque constamment muni d’un objectif, photo ou caméra, n’avait pas son pareil pour assouvir sa passion de la vie par la saisie immédiate de ses manifestations parfois les plus insolites, fragment de paysage, objet d’art, ou fragment d’être humain, comme détaché d’une échelle d’éternité.

« Nous ne sommes pas vaincus! »

Les images se font ainsi éveilleuses du souvenir, instruments d’une passation des pouvoirs entre la réalité et le rêve. Max-Pol Fouchet a publié moins de livres de poésie que de romans ou d’études sur l’art. Mais cette rareté est le signe d’une extrême condensation: son écriture elliptique s’est astreinte de plus en plus au dépouillement. Mais dès 1939, avec La prise de Barcelone (reprise dans Demeure le secret, il préfigure la poésie de la résistance intellectuelle à laquelle il ouvrit carrément le chemin avec son éditorial fameux du premier numéro de Fontaine: «Nous ne sommes pas vaincus!» lequel provoqua la saisie de la revue. On aime à relire ce morceau d’anthologie et d’histoire, et «La poésie comme exercice spirituel», préambule à un autre numéro mémorable de Fontaine, sans parler des extraits de Fontaines de mes jours, où sont parsemés les éléments d’un art poétique et d’un art de vivre, auxquels on ne cessera de se référer parmi les conceptions les plus enrichissantes et les plus dynamiques d’une poésie «à hauteur de conscience.» Il est certain que son investissement dans les médias, qui lui valut une notoriété sans proportion avec sa poésie écrite proprement dite, l’empêcha de consacrer à celle-ci tout le temps qu’il aurait voulu. Mais cette influence médiatique bénéficia principalement à ce qu’il y a de plus authentique dans la littérature et les arts: il suffit pour en mesurer l’impact de se souvenir de Lectures pour tous, Italiques et Terres des arts qui n’ont aujourd’hui aucun équivalent. C’était à la télévision la naissance d’un genre et d’un style nouveaux. Pierre Dumayet, initiateur avec Pierre Desgraupes de l’exemplaire émission Lectures pour tous – et de Dumayet on peut actuellement lire Autobiographie d’un lecteur – en évoque les débuts, l’allure de mousquetaire du poète, sous ses chapeaux «larges, noirs et soyeux». Au-delà de l’anecdote et du détail vestimentaire, il définit son sens de l’image: «J’ai devant moi quelques photos prises par lui, chacune d’elles forme un tout. Ses cadrages expriment un choix. C’est tantôt une personne, tantôt un lieu. C’est rarement une personne dans son paysage. Les paysages n’ont besoin de personne. Une personne n’appartient pas à son paysage. Nous approchons du mot Liberté. Max-Pol, poète, ne cesse de réclamer la liberté pou les gens, pour les mots et même pour les choses. Il était l’ami des objets qu’il avait chez lui. L’idée de propriété lui était étrangère. Il était libre.»

Poète à toute heure

On comprend dès lors comment la succession des images, et celles des textes en contrepoint, contribuent à mettre en relief la personnalité multiple du voyageur, journaliste, ethnologue, éprit d’art amérindien ou africain. Voyageur de reconnaissance – c’est-à-dire éclaireur – et de connaissance: tout le contraire d’un touriste ou d’un dilettante, et poète non pas «à ses heures», mais à toute heure et à toute allure. C’est ainsi que se constitue une mosaïque d’impressions, de rapprochements, d’éclairages improvisés sur tel ou tel aspect de l’œuvre. Celui-ci, par exemple, de Guy Rouquet: «Pour le poète qui pratique sa discipline «à hauteur de conscience» il n’est point de frontière ni de spécialisation. Le mouvement de la vie est partout. Il fait tourbillonner les galaxies comme frissonner le brin d’herbe. Etre «marié à la poésie», c’est vivre avec cette vérité première qui demeure en soi comme un passager clandestin, activant l’âme, soufflant sur les braises enfouies qui déjà l’éclairent et la guident alors qu’elle se croit prisonnière des ténèbres. Le poète ne fait jamais que reconnaître un immense territoire, celui des évidences secrètes. Chemin faisant, il fait le tour de l’homme.» Mais faire le tour du poète? Rien n’est plus malaisé. Alchimie du limpide et de l’opaque. Complexité perpétuellement mobile. Car pourtant, il tourne, sur l’orbite de sa planète intérieure… Marie-Claire Bancquart a réfléchi (et sans doute s’est réfléchie) devant une photo du poète, le front penché sur un arbre des bords de la Seine. Elle écrit: «L’arbre/habite en lui. Habiterai-je en moi?/…/ Quand je serai une mémoire/ fragilement fixée sur une ancienne photographie.» Ainsi, comme chez Claudel, l’œil écoute, pressent ou devine. Le regard s’extrait du regard et l’image aimante les mots. Prenons cette réflexion de Jean Lacouture: «En matière d’images, c’est aux diverses formes de l’amérindien que j’associerai le plus volontiers le maniement virtuose par lui, de la lanterne magique: qu’il parle bien des temples maya, de la mort aztèque et des sentiers sculptés du Guatemala.» Certes, Max-Pol Fouchet n’a cessé de nous «donner à voir» de l’inconnu, du non expliqué, de l’indéchiffré. Et ce qui est mis à portée de la vue, est aussi mis à portée de l’esprit investigateur. On comprend mieux le rapport de Max-Pol Fouchet et du monde quand on découvre son crédo «La poésie est un moyen de connaître l’homme.» Et c’est peut-être en cela que réside le lumineux noyau de sa pensée. C.D.


* in Aujourd’hui Poème, n° 18, février 2001.


« La poésie est un moyen de connaître l’homme » *

«Je vais te dire pourquoi je souhaiterais la poésie omniprésente, et pourquoi elle peut être le moyen de connaître l’homme. Qu’elle résulte d’une volonté d’atteindre l’intérieur, ou qu’elle y soit située dès le départ, elle est un abandon des structures superficielles – autrement dit des mensonges, des fausses apparences, des simulacres. L’exercice de la poésie tend à nous faire rejoindre une part intacte de nous-mêmes. Elle nous repeuple d’images pures, et elle établit des liens inattendus entre des réalités lointaines ou opposées, mais d’abord, elle nous dénude, nous permet de voir ou d’entrevoir l’essentiel, sur quoi se fonde la vie. C’est là un processus que je dirais «révolutionnaire», dans la mesure où il détruit les privilèges pris par les faux-semblants, où il brise les usurpations des fausses richesses. Pour moi, la poésie sous sa forme la plus haute est révolution et révélation.»

« La poésie et le poétique » *

«Entre la poésie et le poétique, il y a une différence fondamentale. La poésie est un absolu le poétique, un relatif, et souvent une garniture, un ameublement. Je ne prononce pas un jugement de valeur. L’absolu ne nous vaut pas toujours des réussites, que le relatif nous ouvre souvent! Il ne faut jamais oublier la grâce! Elle sauve tout. Vois Apollinaire. Certains de ses vers sont de lieux communs, qu’on ne tolérerait pas chez d’autres. Or, non seulement on les lui pardonne, mais encore ils nous enchantent. Parce qu’il y a le ton inimitable de Guillaume, sa voix, sa musique de mal-aimé qui ne se guérit pas de la fuite des amours, qui se confond avec la fuite irrémédiable des jours. L’amour enfui est du temps enfui, comme un mort est aussi du temps qui disparaît et que l’on ne retrouvera plus, et parce que la peau de chagrin se rétrécit sans cesse… Il le dit, sans rien nous apprendre, mais avec une telle voix de pauvre enfant de la terre que c’est comme si nous l’entendions pour la première fois. Tu vois, la poésie ne supporte pas le manichéisme. Il n’y a pas la grande et la petite. La bonne et la médiocre. Ce serait trop simple. Je préfère la poésie de connaissance, la découvreuse d’Amériques en nous, l’éclaireuse de notre nuit, celle de la pêche hauturière, de la pleine mer comme des fonds obscurs, où vivent des créatures dont les antennes remplacent les yeux devenus inutiles dans l’obscurité et des plantes ébouriffées qui semblent appartenir au règne animal… Oui, je préfère cette poésie, mais l’autre, je ne la méprise d’aucune façon, je l’aime aussi d’un amour différent, comme je préfère Giotto ou Rembrandt, sans fermer les yeux devant Sassetta ou Fra Angelico, au contraire!

* In Fontaine de mes jours (Stock, 1979)




ENTRETIEN AVEC MAX-POL FOUCHET

Octobre 1977



En notre fin de siècle, nous pensions que la poésie battait de l’aile comme la pauvre mouette engluée de l’or noir des pétroliers. L’un de ses plus fervents défenseurs, le poète Max-Pol Fouchet, nous a heureusement détrompés : la poésie est et demeure partout pour qui veut la voir, l’entendre ou l’écrire. Le nombre de ses fidèles reste constant… Et c’est bien en faisant connaissance avec le poète, en l’écoutant parler, que l’on comprend mieux cette muse, que l’on apprend à mieux l’aimer.

Françoise VERGNAUD.
Aujourd’hui, quel est le sort de la poésie ?
Max-Pol FOUCHET. J’ai l’impression qu’il ne faut pas dire « aujourd’hui ». En France, la poésie a toujours été réservée à quelques-uns, sauf à de très rares époques où il y a eu rencontre entre elle et un très large public. Baudelaire, au siècle dernier, se plaignait de ce pays qui est pour lui antipoétique et qui n’aime pas la poésie !

F. V.
D’où nous vient ce blocage ?
M-P F. D’un fait précis, qui est celui de la langue française… Langue admirable mais, avant tout, tournée vers la clarté, la précision, la définition. Le mot français est comme serti en lui-même. Il ne répand pas autour de lui de zones d’ombre. Il est pour la logique, pour le raisonnement. De ce fait, la langue française oppose à la poésie une sorte de résistance… Parce que le poète, le vrai, le grand, descend en lui-même, cherche la résolution d’une énigme, son énigme, le mystère de l’homme. Il se met dans les zones ténébreuses de l’inconscience. Quand, de retour de son voyage intérieur, il veut exprimer ce qui lui est apparu, il se heurte aux difficultés du langage…

F. V.
Voulez-vous dire qu’il se heurte à la logique, à la clarté des mots ?
M-P F. Oui… il voudrait bien garder le mystère entrevu, les ombres, la pénombre et il doit les exprimer avec une langue très claire. Il y a une sorte de contradiction interne entre la langue française et la poésie française.

F. V.
Comment le poète résout-il ce problème ?
M-P F. A travers les siècles, les poètes l’ont résolu de deux façons. Gênés par la langue de tous les jours, la langue claire, compréhensible, ils créent une langue à l’intérieur de celle-là… Voici pour la première solution… Elle apparaît déjà au Moyen-âge avec le « claus trobar » des troubadours et des trouvères, c’est-à-dire, le « parle clos » compris d’eux seuls et des cours seigneuriales très éduquées. Même création du langage pendant la pléiade… Voyez-vous, par la contorsion linguistique ou grammaticale, le poète parvient à créer cette obscurité dont nous parlions.

F. V. Donnez-vous un exemple de ce langage poétique caché à l’intérieur de notre langue ?
M-P F. Gérard de Nerval dans un de ses plus beaux poèmes « El Desdichado » adopte la langue des alchimistes. Il les a beaucoup étudiés… Alors, bien sûr, on peut se borner à la musique des vers, découvrir dans le premier quatrain je ne sais quelle confidence d’amoureux… « Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé… Le prince d’Aquitaine à la tour abolie », etc… En fait, il s’agit d’un langage d’alchimie pur : le ténébreux, le veuf, l’inconsolé, c’est le plomb qui est malade et qui, autrefois, avant la maladie des métaux, était or. Le prince d’Aquitaine, eh bien, c’est parce qu’à cette époque, on trouvait le plomb en Aquitaine. Et je peux, ainsi, vous décrypter tout le poème…

F. V. Pourtant d’autres poètes, parmi les plus grands, n’ont pas toujours employé le langage, presque codé, qui contribue à les séparer davantage du peuple. Ceux-là, au contraire, n’ont-ils pas cherché à se faire entendre de tout le monde ?
M-P F. Alors, nous arrivons à la seconde solution qui est d’adopter quasiment le langage de la rue. Villon, c’est vrai, est le contraire du « Claus trobar » des trouvères. Au siècle suivant, Malherbe demande que « l’on parle comme les crocheteurs du Port au Foin », les dockers de l’époque. Brûlons les étapes : au 19e, Hugo dit qu’il « faut mettre un bonnet rouge aux mots du dictionnaire. » ! De nos jours, il y a Prévert… Eluard et Aragon aussi. Mais, le poète français recherche toujours un langage qui convient à l’expression poétique, c’est-à-dire qui garde le maximum de mystère. Et celui qui construit une langue à l’intérieur de celle de la rue peut encore se couper des gens : « C’est trop difficile, disent-ils, je ne comprends pas ! » La raison de ce divorce entre une large partie de la nation française et de ses poètes vient de la langue employée par les poètes : que faire contre cela ? Car, tout de même, de l’une ou de l’autre façon, ceux qui ont créé un langage à l’intérieur du langage sont parmi les plus grands !

F. V.
Donc, même pour aborder une poésie relativement claire, le lecteur doit faire un petit effort d’attention pour s’ouvrir, peu à peu, au mystère du poème ? Mais qui fait cet effort ?
M-P F. Evidemment une minorité. Le poète n’est pas politicien, ni chanteur de charme. Mais je ne suis pas pessimiste et je ne pense pas qu’aujourd’hui la poésie soit moins lue, moins écoutée que dans les autres siècles.

F. V.
Pensez-vous qu’il y a autant de poètes du dimanche qu’autrefois ou qu’une émission de poésie diffusée à la radio ou à la télé soit aussi écoutée ou regardée qu’une émission de variétés ?
M-P F. Il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive, pour le moins, trois ou quatre manuscrits de poésie. Bonne ou mauvaise, le problème n’est pas là ! Ces manuscrits viennent de partout. J’ai sans cesse la preuve que l’on peut conduire les gens vers la poésie et je vous parle en homme qui, non seulement est poète, mais qui a lutté et lutte pour la poésie ! J’ai des exemples bouleversants qui montrent que les mass média peuvent amener les gens à la poésie comme à toutes les expressions de l’art ! Après 1968, RTL m’avait demandé de faire, tous les jours, une émission d’une heure qui serait un peu le journal d’un poète et écrivain passionné de musique, également amateur de la très bonne chanson. L’émission passait entre 20h30 et 21h30 – au moment où la télévision attire le plus de spectateurs : eh bien, les résultats ont été fantastiques ! Une publicité disait même : « la seule émission qui fasse concurrence à la télévision ! ». La poésie, voyez-vous, c’est la vie. Ce n’est pas seulement un texte. Elle dépasse le poème, c’est un sentiment devant tout ce qui existe. Dommage qu’il y ait à la télévision – elle peut être exécrable comme, parfois, merveilleuse – une sorte de ghetto horaire pour les émissions culturelles. Sinon, je vous certifie que les gens y seraient plus sensibles et sensibilisés !

F. V.
Tout à l’heure, vous disiez qu’à de très rares époques, il y a eu fusion spontanée entre la poésie et une très large partie de la nation. Pourquoi et quelles sont ces époques ?
M-P F. Pourquoi ? Parce que la poésie peut devenir une arme. Un sonnet de Mallarmé ne joue pas, évidemment, le même rôle ! Mais il faut les deux poésies, dont celle plus accessible à tous, qui soit une poésie de combat, d’amour, de révolte. Et cette poésie-là conduira le lecteur à la plus secrète… J’aime et j’admire la poésie de Prévert : ses poèmes sont toujours des best-sellers ! Pourquoi ? Parce qu’il exprime la révolte et des choses de ce genre. On l’achète d’abord pour cela et peut être moins parce qu’il s’agit de poésie.

F. V.
Ainsi, de l’engagement du poète, lors d’événements sociaux ou historiques, peut naître cette étonnante adhésion du public à la poésie ?
M-P F. J’ai vécu une de ces périodes, pendant l’occupation. Je dirigeais la revue « Fontaine ». Elle a été la plus grande revue française de poésie durant onze ans. Sous l’occupation, elle tirait à plus de 10.000 exemplaires. Elle aurait tiré bien plus si l’on avait eu du papier… denrée rare à l’époque ! Après la Libération, elle a tiré jusqu’à 18.000 exemplaires ! Aujourd’hui une revue de poésie ne dépasse pas les 10.000 si, toutefois, elle parvient à dépasser les 5.000 ! Alors, pourquoi la revue « Fontaine » qui n’était pas une revue facile ? Parce que les poètes, grâce à cette obscurité de la poésie, pouvaient exprimer des messages contre l’occupant !

F. V.
Messages que, soudain, les gens faisaient l’effort de décrypter ?
M-P F. Oui ! Et ils comprenaient ! Ils cherchaient dans le poème, j’allais dire des mots d’ordre ce qui est un peu exagéré, mais enfin des raisons d’espérer, de se battre ! L’anecdote suivante va nous éclairer : j’ai publié, en pleine occupation, le poème « Liberté » de Paul Eluard. La revue Fontaine paraissait à Alger où je me trouvais avant de partir pour Londres. Je viens en mission à Paris. Je vais voir Paul Eluard, mon ami. Il venait d’écrire ce poème, il me le montre. Je le lis. « Sur mon pupitre et sur les arbres, j’écris ton nom, sur… » et vous le savez sans doute, il se termine par « Je suis né pour te connaître, pour te nommer, Liberté ! ». Je dis à Eluard : « Tu viens d’écrire, là, le poème de la résistance, je vais le publier dans Fontaine ! » Mais, me répond-il, ça ne va pas mieux, non ? Tu vas te faire coffrer, la revue va être interdite ! » Je tenais à risquer le coup : de toutes les façons, j’étais déjà menacé… Je préfère sauter sur une belle mine, une grosse mine, plutôt que de disparaître comme ça… Et je repars à Alger avec le manuscrit. J’arrive, avec tous les textes à publier, dont celui-là, devant un Français, un Allemand, un Italien. J’avais bien monté mon coup : à deux heures de l’après-midi, en été, il fait vraiment très chaud à Alger ! Le censeur français s’efforçait de supporter la chaleur, mais elle avait déjà abruti le censeur allemand. Quant à l’Italien, une sorte de… dandy, il préférait occuper son temps à se polir les ongles ! Et le censeur français commence à lire le poème… sur ceci et sur cela, etc. Soudain il s’écrie : « Vraiment vous les poètes, vous vous répétez, vous n’avez pas beaucoup d’imagination ! Encore un poème d’amour d’un type qui veut écrire le nom de sa bien-aimée… C’est bien un poème d’amour, non ? » Je lui réponds que oui : je ne mentais pas ! Sans aller, bien entendu, jusqu’au bout du poème, l’air écœuré, il appose le tampon de la censure… Et le poème paraît en éditorial et les gens se sont arraché la revue ! Ensuite les choses ont mal tourné. Les numéros sont allés à la censure de Vichy. Le ministre de l’information, lui, aimait la poésie, et il a été jusqu’au bout du poème. Il m’a fait déporter dans le Sud Algérien. Mais le poème avait paru. Les gens l’avaient lu. Vous voyez bien que la poésie sert à quelque chose, vous comprenez mieux combien elle peut être importante !

F. V.
En des temps plus paisibles, comment le simple amateur de poésie doit-il aborder un poème dont le sens n’est peut-être pas évident ?
M-P F. Pourquoi la poésie devrait-elle être comprise tout de suite ? C’est comme pour la peinture, la musique : il faut l’apprendre et, pour cela, entrer dans un ordre de création. Le poème n’est pas toujours évident ; mais soudain, c’est un vers, une phrase fulgurante qui vous clouent… La poésie joue le langage d’évidences. Vouloir comprendre pourquoi, je crains que cela ne soit une entreprise hasardeuse, vaine et qui, parfois, fiche par terre le poème !

F. V.
Même pour l’amateur sensible et sensibilisé, la poésie de ces dix dernières années peut sembler très hermétique. Qu’en pensez-vous ?
Oui, c’est vrai, elle est difficile. Mais prenez votre temps. Lisez-la sans chercher à lui donner un sens intelligible. Laissez-vous prendre par l’incantation, la magie des mots, du verbe. Peu à peu, le sens en sortira… Comme pour un tableau abstrait, quand vous laissez prendre aux couleurs, aux rythmes : après, c’est en soi-même que naît le sens du tableau.

F. V.
Existe-t-il une recette pour devenir poète ?
M-P F. Il n’y en a pas. La poésie a le pouvoir, elle fait ce qu’elle veut. Appelez-là « muse inspiratrice » si vous y tenez… Mais elle s’appelle l’amour, la révolte, la haine, la justice…

F. V.
Le poète qui sent et perçoit tant de choses est-il également doué de préscience, est-il vraiment médium ?
M-P F. Oh, à qui le dites-vous !... Permettez-moi de vous raconter une histoire très significative, mais très grave, qui m’est arrivée. En 1941, à Alger, je me mets à écrire toute une série de poèmes dont le thème constant était la mer, l’amour et la mort. Ils ont été publiés depuis au « Mercure de France » dans le recueil « Demeure le secret. » Donc ce thème revenait sans cesse, je ne comprenais pas pourquoi, ça devenait hallucinant ! Et la même année, j’écris encore un poème où je décris la mort de celle qui est alors ma femme, Jeanne… Croyez que je n’invente rien ! Je l’appelle et je lui dis : « Regarde, regarde ce que je viens d’écrire, ce que tu deviens, mon poème te fait mourir dans un naufrage ; «  Elle n’a pas ri, elle sembla inquiète. Un ami qui était là, prit au même moment une photo de nous… Le visage de Jeanne reflète l’inquiétude, le mien est tourmenté, comme halluciné. Nous étions en août 1941. En janvier 1942, ma femme doit aller à Paris pour passer son agrégation. Elle s’embarque sur le bateau « Le Gouverneur-Général-Lamoricière ». Je l’accompagne jusqu’au quai. Ce jour-là, je me sentais bizarre, ailleurs… Du quai, je lui fais un dernier signe d’adieu. Le bateau commence à quitter le quai ; sur sa poupe, je vois son nom. Alors, soudain, le mot « Lamoricière » se décompose devant mes yeux et devient « La mort ici erre »… Ah, si j’avais eu le pouvoir de rattraper le bateau, d’en faire descendre Jeanne ! Bien sûr, je me suis raisonné, je suis rentré chez moi en me disant que tout cela était l’influence des poèmes que j’avais écrits ! Dans la nuit, j’apprends que le bateau avait des avaries, qu’il essuyait une tempête au large des Baléares. J’essaie de me rassurer et mes amis s’y emploient. Curieusement, j’y parviens… et puis Jeanne était une très bonne nageuse. Pourtant, je commençais à comprendre la langue que j’avais écrite, qui m’avait été soufflée dans mon poème et dont j’avais entrevu la clé lorsque le nom du bateau s’était décomposé ! A six heures du matin on me prévient que le bateau venait de faire naufrage. Peu après, la liste des rescapés était affichée au bureau de la compagnie : j’ai refusé d’y aller, je savais que Jeanne était morte. En effet, elle avait été noyée, comme le poème m’en avait averti. Et l’événement m’avait traduit la langue étrangère de ce poème… Alors quand vous me parlez de la médiumnité du poète… On l’étudie aujourd’hui et je n’en suis qu’un petit exemple parmi les plus grands. Pour ma part, j’étais autrefois assez sceptique mais, depuis, oui, je crois à un certain pouvoir de la sensibilité poétique.

F. V.
Ardent défenseur de la poésie, mais encore des lettres et des arts, quand trouvez-vous le temps d’écrire des poèmes ?
M-P F. Je le trouve toujours parce que c’est ma vie. Et puis, je suis un homme qui ne dort que cinq heures par nuit. Cela me suffit parfaitement ! Au début de l’année prochaine, je publie au « Mercure » un nouveau recueil de mes poèmes. Mais figurez-vous qu’à soixante-trois ans j’ai découvert le roman. Le premier, « La rencontre de Santa Cruz » est paru chez Grasset il y a quelques mois. Un autre va suivre que je suis en train d’écrire. Il est d’une conception toute différente et j’ai en tête encore plusieurs romans !

F. V.
Peut-on vous demander, sans citer les vivants, quels sont vos poètes préférés ?
M-P F. Alors dans le désordre et je vais en oublier ! C’est selon les jours et l’humeur que l’on est plus proche d’un poète ou d’un autre. Je ne peux me passer de Saint-John Perse, d’Apollinaire, de Gérard de Nerval. Et le père Hugo et Mallarmé, Pierre-Jean Jouve, Baudelaire…. Prévert, j’en oublie sur cette liste ; mais lui Prévert, je ne veux pas l’oublier !

F. V.
Quel est celui que vous relisez le plus ?
M-P F. Ah, c’est Baudelaire ! Pour la beauté de sa poésie, mais aussi parce qu’il y a chez lui un dialogue déchirant entre le ciel et la terre, entre la faute et l’innocence. Je crois que c’est cela qui m’attache le plus à lui, ce déchirement que je sens chez lui. Voyez-vous, j’ai l’air d’un bon gros vivant et, c’est vrai, je ne vais pas cacher que je suis sensible aux joies de l’existence… C’est comme cela que l’on me voit. Mais, en fait, je suis l’homme le plus inquiet, le plus déchiré qui soit. A la limite, c’est dans l’inquiétude que je parviens à trouver ma paix.

Françoise VERGNAUD.
La mort, sans cesse présente dans votre œuvre, n’est-elle pas un des grands sujets de cette inquiétude ?
Max-Pol FOUCHET. Oui, toute ma vie, j’en ai parlé : elle m’a enlevé des êtres qui m’étaient très chers. De par mon existence mouvement, je l’ai moi-même côtoyée de très près… Mais je n’ai pas peur, je crois la connaître, j’ai avec elle d’excellentes relations de voisinage. Si j’ai peur de quelque chose, c’est de la souffrance… Non pas par lâcheté mais parce que je ne voudrais pas que la souffrance fût telle qu’elle me fit détester la mort.

* in Marie France, octobre 1977, avec son aimable autorisation. 



A lire également "Présence de Max-Pol Fouchet" :


http://www.atelier-imaginaire.com/default_page.php?menu=2&page=2

 




L'Atelier Imaginaire recommande d'écouter :

Fontaine, une source de la résistance poétique (avec le poète Georges-Emmanuel Clancier)
En avril 1939, la revue Mithra devient Fontaine, placée, depuis Alger, sous la direction de Max-Pol Fouchet. « Sonne l’heure de la poésie, quand sonne l’heure du mensonge », se positionne, d’emblée, l’écrivain.
Un superbe documentaire de Stéphane Bonnefoi, réalisé par Séverine Cassar.
Émission de France Culture du 10 janvier 2012 (Poésie et Histoire).  
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-poesie-et-histoire-24-2012-01-10
   


Message déposé sur le site de l'émission par l'Atelier Imagnaire:

Atelier Imaginaire 13.01.2012
Lumineux Georges-Emmanuel Clancier, à la mémoire fidèle et fertile. Lumineux Max-Pol Fouchet, ardent et fervent, né le premier mai, à midi, place de la République, puis baptisé à la normande d'une goutte de Calvados sur les lèvres, au milieu des hommes d'équipage du voilier "Liberté", à mi- distance de la France, pays de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et de l'Angleterre, pays de la grande Charte.
Merci à GEC, le "paysan céleste", qui, comme Max-Pol, tout en connaissant "le pain noir' n'a jamais désespéré de l'homme et n'a cessé de croire à la beauté du monde et aux "vraies richesses".
Merci enfin pour cette émission, bien menée, bien conduite, bien illustrée, en espérant qu'elle aura une suite, tant il y a encore de superbes choses à dire et à transmettre.


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